L’issue des négociations entre le groupe français et General Motors ne faisait aucun doute, mais cette fois c’est officiel : Opel et Vauxhall rejoignent PSA. Une opération de 2,2 milliards d’euros qui donne naissance au deuxième constructeur européen.

C’est une union rapide et surprenante, à laquelle personne ne s’attendait il y a quelques semaines à peine. Mais depuis que les négociations ont été révélées et confirmées par les deux parties mi-février, tout est allé très vite. Carlos Tavares, à la tête de PSA, a notamment multiplié les rencontres avec les syndicats et représentants politiques des entreprises et pays concernés.

PSA et General Motors souhaitaient s’entendre avant l’ouverture du Salon de Genève, c’est donc chose faite puisqu’ils viennent de publier un communiqué de presse confirmant la transaction. Le groupe français prend donc en main Opel, sa filiale britannique Vauxhall et les opérations européennes de GM Financial. Le montant de l’acquisition est de 2,2 milliards d’euros (dont 0,9 milliard pour GM Financial).

Objectif de rendre Opel rentable d’ici la fin de la décennie

Ce rachat donne naissance à un géant du marché européen, qui représente désormais 17 % des ventes et plus de 4,3 millions de véhicules produits par an. L’idée de racheter Opel avait surpris, dans la mesure où c’est un constructeur qui ne vend qu’en Europe et que PSA cherche à se renforcer en dehors du Vieux Continent. Mais le français assure que les marques seront complémentaires, Opel est par exemple nettement plus fort en Allemagne.

Le blitz est une machine à perdre de l’argent, mais PSA est confiant dans sa capacité à vite le rendre rentable. Il précise déjà qu’il espère qu’Opel/Vauxhall atteigne une marge opérationnelle courante de 2 % d’ici 2020 et 6 % d’ici 2026. On croit en la capacité de PSA de réaliser cela, grâce au talent de Carlos Tavares, qui a justement su relancer le groupe français en un temps record.

GM et PSA coopéreront pour la voiture électrique et l’hydrogène

Surtout, le rachat permettra de faire des économies d’échelle et de dégager des synergies dans les domaines des achats, de la production et de la recherche/développement. Des synergies de 1,7 milliard d’euros par an sont attendues d’ici 2026. Carlos Tavares avait récemment indiqué que PSA ne perdrait pas de temps pour mutualiser les projets. D’ailleurs, le développement de la prochaine Corsa serait déjà suspendu alors qu’il était bien avancé… mais avec des pièces GM.

Les ponts ne seront cependant pas coupés avec GM. PSA prévoit de collaborer avec l’américain dans le domaine de la voiture électrique. En clair, le français veut profiter de la technologie de l’Opel Ampera-e. De plus, PSA pourrait s’approvisionner à long terme en systèmes de piles à combustible auprès de la coentreprise GM/Honda. Enfin, les rebadgages d’Opel en Holden ou Buick sont pour l’instant maintenus.

 Les syndicats accueillent bien la nouvelle du côté français

Dans un communiqué, FO, la CFE-CGC, la CFDT, la CFTC et le SIA-GSEA ont déclaré qu’ils voient « dans le projet d’acquisition d’Opel par le groupe PSA une opportunité à saisir ». Pour eux, le rachat est « un investissement qui semble raisonnable et intéressant au plan industriel et commercial ». Mais soucieux de préserver l’emploi, ils demandent à la direction « de présenter des éléments détaillés pour confirmer la viabilité du projet d’acquisition et d’apporter des garanties sur les conséquences stratégiques, économiques et sociales de ce projet ».

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